Résilience habitat et urbanisme

De Collapsologie Wiki

Atelier tenu lors de la rencontre du 12 décembre 2018 à la MRES

Compte rendu effectué par David M. alias Dony Tamazone sur les réseaux.

Résumé de la table de discussion : habitat, résilience, urbanisme 12/12/2018

La discussion, qui concerne l'habitat et l'agriculture urbaine, s'est réalisée en quatre parties :

  • présentation des personnes présentes ;
  • identification des problèmes ;
  • solutions ;
  • actions à mettre en œuvre.

Personnes présentes :

  • Groupe de 4 étudiants, Benjamin avec 3 camarades : Ingénieurs étudiants travaillant sur un projet de ferme autonome résiliente (en cours de réflexion) et création d'une structure en rapport avec ces sujets.
  • David : ancien développeur/graphiste en VR qui travaille sur un projet de résilience urbaine, agricole et sur l'habitat depuis plusieurs mois (conférence à venir)
  • Joffrey : premier Lillois à avoir mis en place une maison BBC (très faible consommation d'énergie) à Lille : récupération d'eau de pluie, super isolation, grande autonomie, a divisé par un facteur 19 l'ancienne consommation énergétique, maison classée A++ grâce à une installation domotique de pointe en supplément.
  • Nicolas : Ingénieur informatique qui a rejoint une entreprise numérique responsable qui se soucie des questions éthiques et énergétiques dans le domaine du numérique.
  • Vincent : Ancien ingénieur informatique. A fait l'école des mines après des années d'activité et s'est intéressé sérieusement à la question de l'énergie et de l’effondrement, l'amenant à penser l'autonomie globale de l'habitat. Il réfléchit à des nouveaux modèles d'urbanisme après avoir étudié un grand nombre d'aspects. Il travaille sur des modèles d'habitat et d'éco quartiers.

Problèmes identifiés :

Habitat :

  • Dépense énergétique des bâtiments
  • émissions de CO2
  • chauffage
  • Comment avoir de l'eau chaude dans un monde en décrue énergétique ?
  • Les nouvelles constructions d'aujourd'hui sont globalement peu écologiques et non passives pour de mauvaises raisons (financières et monopolistiques principalement)
  • Cadre légal sur la réglementation thermique en faveur des industriels et des économies financières à court terme (la loi n'en demande pas assez)
  • La réglementation énergétique (RT 2012) facilite les abus = la norme d'isolation qui n'est pas assez exigeante et qui arrange les constructeurs (mais aussi les clients) pour faire des économies de coût à court terme.
  • Le label « maison passive » peu connu et mal définit
  • sensation globale dans la société qu'une maison écologie est nécessairement chère
  • Problème de syndic de copropriété dans les appartements où souvent les gens sont peu informés et refroidis par l'idée de dépenser trop d'argent pour isoler les bâtiments.
  • Le cadre légal semble être le nerf de la guerre, c'est à dire que beaucoup de normes ralentisse la transition et les initiatives. Les assurances ne sont pas non plus à jour sur les enjeux et peuvent refuser d'assurer des habitats alternatifs.
  • Aujourd'hui l'éclairage nocturne sert globalement à utiliser l'énergie en surplus produite par les centrales qui ne peuvent s'arrêter, c'est donc avant tout une raison technique peu compressible... Comment utiliser cette énergie plus intelligemment ?

Agriculture dans l'urbanisme :

  • Non incluse dans les quartiers et les villes
  • Quelle surface nécessaire par individu ? Certains disent 100m2 pour une autonomie en légumes sans protéines et céréales, d'autres 4000 avec céréales et protéines végétales.
  • Peu de diagnostics sont faits pour les villes concernant l'autonomie alimentaire.
  • Nourriture faisant des milliers de kilomètres pour alimenter les individus.

« Solutions ? » :

  • Isoler massivement les bâtiments ! Mais attention en été les maisons écologique peuvent surchauffer si on n'y prend pas garde, ce qui est rarement considéré dans le cadre légal actuel.
  • Récupération d'eau chaude « grise » (douche par exemple) pour chauffer une partie de la maison ?
  • Chauffer de l'eau via des poêles à bois ? Mais cela rencontre des limites...
  • Agir sur le cadre légal, trop de fumisteries, le coût financier à court terme prévaut encore trop sur l'efficacité énergétique et les économies à long terme.
  • Chauffage dans l'idéal la maison n'a pas besoin de chauffage en hiver, idéalement rien donc => s'adapter au lieu ou l'on vit pour le chauffage d'appoint avec les matières locales (bois, gaz)
  • S'adapter au maximum au lieu ou l'on construit pour les matières utilisées dans la construction (privilégier le local).
  • Relocaliser la nourriture en discutant avec les agriculteurs locaux.
  • Vers un société beaucoup plus paysanne ? Avec des individus travaillant à mi temps pour produire la nourriture de leur quartier.

Actions :

  • Faire du lobbying citoyen auprès des maires, incluant pédagogie, pression et demandes concernant l'isolation des bâtiments.
  • S'allier au collectif climat pour ces démarches, ne pas hésiter à faire pression à plusieurs dans des villes proches, les maires se parlent.
  • Monter avec des chiffres fort les économies financières et énergétiques faites sur le long terme, le win/win.
  • Convaincre les élus que la congestion urbaine n'est pas nécessairement une solution, mais plutôt les synergies avec les communes voisines, la coopération plutôt que la rivalité.
  • Favoriser le télétravail à faisant pression dans les entreprise en tant que salarié
  • Faire une sorte de « kit » pédagogique avec des chiffres « massue » pour convaincre les pouvoirs publics et avoir un discours construit.

Note du rédacteur : merci aux intervenants de bien vouloir indiquer des liens en supplément vers des articles ou références pour étayer les propos. À titre personnel, ma conférence traite aussi beaucoup de ces sujets et apportera des chiffres et idées supplémentaire qui n'ont pas été forcément évoqué lors de l'échange.